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Ce «mystère »
fascine toujours. Louis II, était-il vraiment «fou » ? Il est communément admis qu'il souffrait de
schizophrénie, pathologie familiale. Certain le taxe de «toxicomane de l'architecture » (1)Les historiens actuels
pensent qu’il a plutôt été une sorte de dépressif, se consolant dans ses châteaux romantiques. Alice Miller développe que Louis II de Bavière criait inconsciemment sa solitude à la
face du monde et racontait ainsi ce qu’avait été son enfance. J'adhère à cette analyse.
Louis II, le premier-né, a été soumis dès sa naissance à une éducation rigide, sévère, qui fit de lui un enfant solitaire, assoiffé
d’amour et de contact. Or ces besoins les plus élémentaires furent négligés . En avril 1846, il a 8 mois, sa nourrice meure de la fièvre typhoïde ou fièvre
méningée - certains auteurs affirment que ce serait la s
yphilis qu'aurait pû contracter Louis
et induire sa mauvaise santé (1) - entrainant un sevrage brutal : ce fut un premier choc psychologique sérieux. Cet
enfant très sensible ne trouve pas sa place auprès de parents surement pétris de bonnes intentions; Il reçut tous les enseignements qu'un futur roi doit recevoir: équitation, maniements des
armes, natation, escrime, danse, dessin, musique . Tous ces sujets l'ennnuyaient , il ne s'épanouissait qu'avec la littérature, l'histoire, les sciences naturelles, l'histoire religieuse (il
était attaché à la parité confessionnelle , il fit construire la synagogue de Munich) , le français qu'il parlait admirablement. Son père Max II passe très peu de temps avec lui, et
même lorsqu'il fut adolescent, Max fit remarquer à son secrétaire Franz von Pfistermeister « Pourquoi me faut-il parler avec ce jeune monsieur? Il ne porte intérêt à rien de ce que
je projette ». Sa mère, Marie, ne sait pas materner : Franz von Pfistermeister écrit dans ses mémoires : «La reine elle aussi s’y entendait fort peu pour
attirer vers elle ses petits princes.» Louis partagera avec elle la passion de l'escalade et de la montagne, mais enjouée et simple, elle ne comprend rien à ce qu'elle nomme «les
envolées »de son fils, ce qui le blesse affreusement. Ses parents v
eulent lui apprendre à discipliner sa faim et le font jeûner ; heureusement, la fidèle
servante Lisi et les laquais s'occupaient de lui et lui procuraient la nourriture que le chateau lui refusait. Ces pratiques éducatives sadiques sont la conséquence de l'éducation que
ses parents ont eux même reçus ; Or, il n'est pas possible à cet enfant, et même à l'adulte qu'il sera , de le comprendre car ce serait alors laisser remonter à la conscience
toutes ses émotions enfouies et il respectait trop ses parents.Jamais, il ne montra son sentiment de frustration, jamais il n'exerça sa colère - hormis envers les domestiques .Son
incapacité à exprimer son impuissance, alors même qu’il était condamné à être privé de nourriture dans un cadre de vie luxueux, l’a amené à ne plus pouvoir ressentir autre chose que de la peur.
C'est avec cette peur au ventre qu'il vécut.. peur des gens, peur de revivre ses "horreurs", peur d'être attaqué surnoisement.
Louis II vivait sa sexualité et son homosexualité en secret: il se faisait envoyer des photos de très beaux jeunes gens qui croyaient être choisis par un artiste comme
modèle pour de nus; Mais une fois dans ses appartements, il en abusait . De telles exactions ne sont possibles que si l'abuseur a lui-même été abusé. Louis II a -t-il subi des violences
sexuelles ? oui, mais rien ne dit que cela soit dans le cercle
familial..
Tout cela aurait pû ne pas mener Louis à la « schizophrénie » si au cours de son adolescence, il s’était trouvé
quelqu’un pour l'aider à reconnaître que ces pratiques éducatives étaient cruelles , à s’y opposer ou au moins à s’avouer sa colère ou si adulte, il avait
pû s’interroger -avec son psychiatre, Wagner, Sissi ou tout autre personne- à propos
de ce que ses constructions de châteaux remuaient en lui.(2) . À 30 ans, il écrit au prince héritier Rudolf d’Autriche - fils
de Elisabeth d'Autriche et l'empereur Franz-Joseph ,celui-là même qui mourut dans des circonstances étranges à Mayerling (3) :
«Tu peux t’estimer très heureux d’avoir joui d’une éducation en tous points excellente et empreinte de compréhension, de surcroît, c’est une chance que l’empereur s’intéresse personnellement avec
tant d’ardeur à ta formation. Avec mon père, il en est malheureusement allé tout autrement, il m’a toujours traité de haut en bas [en français dans le texte, NDT], et tout au plus honoré de
quelques mots froids et protecteurs en passant. Cette curieuse façon de faire, tout comme ses autres méthodes éducatives, était appréciée de lui pour la raison singulière que son père en usait de
même».
Ses réalisations architecturales suscitent beaucoup d'admiration, de recherches car tellement d'avant -garde, de nombreux livres
et films lui sont consacrés, des polémiques et des hypothèses sont faites sur les circonstances de sa mort «accidentelle » , sur ses tendances
sexuelles ..L'office du tourisme bavarois vit de SA légende (son image est utilisée à des
fins mercantiles peu respectueuses: balles de golf, bière, sandwich.. ),ses châteaux où un étranger
n'aurait jamais du pénétrer, ont été visités par plus de 50 millions de personnes..
Mais peu se penche sur la génèse de sa maladie, car ce serait se pencher sur son enfance et découvrir son manque d'amour et la cruauté de ses parents. Pourquoi? Alice Miller explique :«(.... ) parce que cela pourrait leur rappeler leur propre sort».
Sources: (1) " Louis II de Bavière et ses psychiatres: les garde-fous du roi" de Paul RAUCHS et Georges LANTERI-LAURA
Alice Miller:"le drame de l'enfant doué"
Iconographie: -" la grotte de Vénus " du chateau de Linderhof, caverne artificielle aménagée pour recréer l’ambiance de l’épisode du Venusberg de l’opéra de Richard Wagner ,Tannhäuser - Rudolph d'Autriche-
Quinqua des
années 2010 , à la fois frivole et mystique, légère et spirituelle , gourmande et orthorexique, facétieuse et sérieuse, rieuse et boudeuse, active et flaneuse, enthousiaste et inquiète,
en recherche de sagesse et de sérénité. J'aime la philosophie, la littérature, l'histoire, la psychologie, les sciences, le yoga, la méditation, le thé , les
voyages, l'Asie, la beauté , l'art de vivre , la création sous toutes ses formes , chercher, apprendre, découvrir, aimer et partager .
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