Les mâchouilleurs de chewing- gum me dérangent, m'agacent.. Cela m’est
désagréable et m’évoque plus « Marguerite dans son pré » que la décontraction parfois souhaitée par l’utilisateur... surtout si la personne parle et que le masticage laisse
entrevoir la langue, voire la luette.. Quant aux bulles..
Les adolescents dont j’ai la responsabilité d'enseignement, masti
quent à qui mieux mieux.. Ils savent que cela me dérange – de plus, le
règlement intérieur l’interdit - et obtempèrent facilement en jetant le corps du délit dans la poubelle ou en le cachant dans leur dent creuse. Cependant, je leur octroie ce privilège lorsqu’ils
composent.. Une étude de Kim Graham de la cognition du Medical Research Council and
Brain Sciences Unit à Cambridge, Royaume-Uni
concluait à une augmentation des capacités mnésiques : les mâcheurs de gommes ayant des
scores de 24% plus élevés sur les rappels immédiats, de 36% sur les faits plus anciens que le groupe contrôle. Pourquoi ? Des chercheurs japonais ont montré en 2000, que l’hippocampe est
activé lorsque les gens mâchent(1). De plus, une étude menée par A.Smith
de École de psychologie, Université de Cardiff (2) amenait la conclusion que les gommes avec sucre amélioraient la vigilance. Cela vaut bien un petit moment
d’inconfort !
Mais, une récente
étude de Koslov M.D. vient de faire tomber ce paradigme… Que faire ? Chercher .. J’ai découvert une étude un peu antérieure ( 2011), de Serge V. Onyper ,
Timothy L. Carr,
John S. Farrar et
Brittney R. Floyd
du Département de psychologie de l’Université St. Lawrence, Canton, Etats-Unis (3). Ils ont examiné si la durée du "temps à mâcher" et le moment des tests affectaient la cognition. Ils en concluent que mastiquer 5 minutes avant le test
améliore les performances mais pas pendant l'épreuve. Si l'apprenant continue de mâcher au dela de 15 à 20 minutes alors la fatigue liée à la mastication prendrait le pas sur la
prestation … Et Koslov ajoute que si son expérimentation vient contredire les autres, c’est peut être parce que les gommes utilisées étaient sans parfum tandis que l’autre équipe avait fait
mastiquer des gommes parfumées au menthol..
Donc, je me résume : pour faire performer mes élèves, je me dois de leur conseiller de mâcher des chewimg gum à la menthe seulement 5 minutes avant les évaluations et pas au dela de 15 minutes pendant l'épreuve ! Pas facile d'être enseignant ;) ..
(1) .
"Une chose intéressante était que la mastication de la fréquence cardiaque a augmenté. Tout ce qui améliore la prestation des choses comme l'oxygène dans le cerveau, comme une augmentation du
rythme cardiaque, est un activateur potentiel cognitif dans une certaine mesure," précise le chercheur Kim Graham.
Sources : -(2) Smith, A. (2010). Effects of chewing gum on cognitive function, mood and physiology in stressed an unstressed volunteers. Nutritional Neuroscience, 13,
7-16. - Wilkinson, L., Scholey, A., & Wesnes, K. (2002). Chewing gum selectively improves aspects of memory in healthy volunteers. Appetite, 38, 235-236. (3) Kozlov, M. D., Hughs, R. W. & Jones, D. M. (2012). Gummed-up memory: chewing gum impairs short-term recall. Quarterly Journal of Experimental Psychology,
65, 501-513. – (4) Onyper, S. V., Carr, T. L, Farrar, J. S. & Floyd, B. R. (2011). Cognitive advantages of
chewing gum. Now you see them now you don't. Appetite, 57, 321-328.